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LAccumulation primitive de la noirceur Bruce Bégout

LAccumulation primitive de la noirceur

Bruce Bégout

Published January 2014
ISBN :
Paperback
256 pages
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 About the Book 

« Au fond du salon de thé encalminé dans une pénombre brune dambiances surannées où de vieilles rombières, tannées comme des peaux de bête ayant connu les alternances éprouvantes des hivers rudes et des étés caniculaires, font goûter à leur kiki leMore« Au fond du salon de thé encalminé dans une pénombre brune dambiances surannées où de vieilles rombières, tannées comme des peaux de bête ayant connu les alternances éprouvantes des hivers rudes et des étés caniculaires, font goûter à leur kiki le thé au lait quelles ont commandé et que ledit kiki lape avec une indifférence narquoise qui fait peine à voir, estompant dans un nuage blanc les contours de sa gueule stupide dêtre sans esprit, Kate Moss feuillette un magazine de mode : lexhibition sereine de la fausse conscience.Révéler ce que lextraordinaire a dordinaire : voici ce qui relierait les nouvelles de ce recueil. Chacune sattache à des personnages singuliers, souvent seuls et désarmés, aux prises avec lépoque dans ce quelle a de plus excessif et de violent. Portraits de maniaques, de désaxés, doriginaux qui luttent contre le dispositif, ainsi quils nomment la combinaison dairain de la marchandise, de la technologie et du spectacle. Bruce Bégout procède à linverse du film dhorreur : il désigne ce que linsane lui-même a dordinaire. Doù les situations paradoxales ici mises en scène. Dans Signes particuliers : néant, un architecte conçoit, à la solde de lÉtat, un édifice destiné à aider les gens à se suicider. Dans Le Compteur des féminicides, suite à une injonction ministérielle, un homme dénombre les femmes tuées dans les séries, films ou vidéos. Certaines nouvelles nous plongent dans le malaise quand dautres flirtent avec le fantastique. Bégout invente ici un ton, quil qualifie de post-gothique. Dans ces récits, leffroi, le mal, la terreur nexpriment pas seulement la fragilité psychologique des personnages face aux forces des ténèbres, mais aussi le potentiel de nuisance de lépoque. Ses vampires prennent la forme dappareils, de produits, darchitectures mais aussi de représentations sociales, dinjonctions et de tics de langage. Bruce Bégout traque les démons non pas dans les châteaux hantés, les ruines, les églises, les forêts et les cimetières mais dans les parkings, les centres commerciaux, les banlieues pavillonnaires, la suburbia mondiale. Mais quen est-il de la résistance, volontaire ou non, de ces personnages dans le contexte morbide qui les broie ? Bégout manie lhumour noir, qui peut parfois triompher du réel. La raison reprendra-t-elle néanmoins ses droits ? Parviendra-t-elle à expliquer la part de fiction et de non-sens qui régit le quotidien ? »